Lors du vote sur un rapport concernant le financement innovant à l’échelon européen et mondial, les eurodéputés ont accepté le principe d’une taxe sur les transactions financières.
Défendue par des pays comme l’Allemagne et l’Autriche, cette mesure s’est jusque là heurtée à la crainte britannique d’une fuite des capitaux. Faute d’un accord global lors du G20, il est en effet envisagé de n’instaurer cette taxe qu’au niveau européen pour l’instant. Selon le commissaire européen à la fiscalité, Algirdas Semeta, cette décision ne sera de toute façon pas prise avant que l’on n’obtienne les résultats d’une étude d’impact.
Présenté par la socialiste grecque Anni Podimata, le rapport adopté aujourd’hui préconise une taxation de l’ordre de 0,01% à 0,05%. «Avec un taux aussi minime, cela ne va pas affaiblir la compétitivité du marché financier européen» estime-t-elle. Cela permettrait surtout de rapporter pas moins de 200 milliards d’euros et de limiter la spéculation.
Selon les eurodéputés français du groupe du Parti Populaire Européen, Jean-Paul Gauzès et Damien Abad, «le monde a changé et la régulation du système financier international n’est plus un sujet de gauche, mais est, au contraire, devenue un enjeu public d’ordre national où la droite et le centre, qui dirigent 21 des 27 Etats membres de l’Union européenne, ont toute leur place». En conclusion de leur communiqué de presse, les deux membres de la commission des affaires économiques et financières appelent désormais les socialistes à soutenir cette volonté au niveau international.
A terme, et dans un contexte où les Etats membres rechignent de plus en plus à mettre la main au porte-monnaie, cette taxe pourrait fournir une nouvelle ressource propre à l’Union européenne.
