Il y a deux ans, l’Europe s’est engagée à réduire de 80% à 95% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050, en prenant 1990 comme année de référence. Selon Connie Hedegaard, la commissaire européenne à l’Action pour le Climat, le ralentissement des émissions du fait de la crise économique et la hausse du prix de l’énergie sont autant de raisons d’accélérer le calendrier. C’était tout l’objet de la feuille de route présentée avant-hier à Strasbourg devant les 736 eurodéputés.
Le texte prévoit notamment de porter l’objectif intermédiaire pour 2020 de 20% à 25%. Il s’agit là d’un compromis trouvé entre les représentants de l’industrie et les organisations de défense de l’environnement, qui elles militaient pour un objectif de 30%. Les Etats membres de l’Union européenne ont cependant déjà fait savoir qu’ils n’accepteraient un tel objectif qu’à une condition : celle d’un engagement équivalent de la part des autres grands émetteurs comme les Etats-Unis et la Chine.
Or, d’après la Commission europénne, «plus nous attendrons, plus les coûts seront élevés. Du fait de l’augmentation constante des prix du pétrole, l’Europe voit sa facture énergétique augmenter chaque année».
Comparé à ses partenaires mondiaux, l’Europe a déjà fourni beaucoup d’efforts, ce qui lui a permis de parvenir à une baisse de 16% de ses émissions alors que son PIB augmentait de 40% sur la même période. Si les Européens veulent atteindre l’objectif fixé mardi par la Commission européenne, pas moins de 270 milliards d’euros devront être investis chaque année jusqu’à 2050. Cependant, que ce soit pour développer des réseaux intelligents ou construire des bâtiments mieux isolés, les mesures visées devraient permettre d’économiser entre 175 et 320 milliards d’euros en termes d’énergie sur cette même durée.
